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La conduite russe

Comme dans bien des capitales – столи́цы (stalitsy), on peut voir, à Moscou, toutes sortes de types de transport – ви́ды тра́нспорта (vidy transporta), depuis la voiture particulière – ча́стная маши́на (tchastnaya machina) jusqu’au monocycle électrique моноколесо́ (monakaliésso), en passant par le tramway – трамва́й (tramvaï) et le monorail – моноре́льс (manaréls) ! Petit tour d’horizon des moyens de locomotions, avec le vocabulaire qui s’impose.

Quelques expatriés et touristes font chaque jour l’expérience du métro moscovite – моско́вский метрополите́н (maskovski métropalitén), en même temps que six millions d’autres passagers – пассажи́ры (passagiry) dans l’un des plus beaux métros du monde, et le cinquième par l’intensité du trafic passager – пассажиропото́к (passagirapatok).

Tandis que les usagers se serrent prestement dans les voitures – ваго́ны (vagony), les touristes, déjà impressionnés par la profondeur – глубина́ (gloubina) de certaines stations – ста́нции (jusqu’à 82m), se font des selfies – се́льфи (selfie) bouche bée devant les décors faits de marbre et de granit. Mais pour les claustrophobes, il est recommandé de prendre les transports de surface – назе́мный тра́нспорт (naziémny transporte) : bus – авто́бус (avtobous), trolleybus – троле́йбус (traléïbous), tramway – трамва́й (tramvaï), minibus – маршру́тки (marchroutki) et même un monorail, que nous avons déjà évoqué. Récemment, beaucoup de trolleybus ont été remplacés par des bus, permettant de débarrasser le paysage urbain des fils électriques suspendus. Les itinéraires – маршруты (marchrouty) ont été repensés, néanmoins, les usagers attendent avec impatience la création promise de voies dédiées – вы́деленные полоса́ (vydiélennyé palassa), pour ne plus rester des heures coincés dans les bouchons. Les minibus permettent, depuis une station de métro, d’atteindre des quartiers éloignés. Le prix du billet – цена́ биле́та (tséna biliéta) était libre jusqu’à l’an dernier où il a été harmonisé pour intégrer le système global des transports en commun – обще́ственный тра́нспорт (abchestvenny transporte).

Les bouchons – про́бки (probki) sont le lot quotidien des conducteurs – води́тели (vaditiéli) dans toutes les métropoles. Moscou n’échappe pas à la règle, surtout pendant les beaux jours, lorsque la moitié des rues – у́лицы (oulitsy) est en travaux. Cette année, c’est au tour, notamment d’une route circulaire autour du centre, le « Sadovoyé koltso » – Садо́вое кольцо́ (l’anneau des jardins, qui en est à peu près dénué, à la différence de l’anneau des boulevards, qui lui, n’encercle pas complètement le centre). Le système de stationnement – парко́вка (parkovka) est des plus modernes : tout se fait via une application – приложе́ние (prilajénié) que l’on charge sur son smartphone – смартфо́н (smartphaune). On entre son numéro de plaque d’immatriculation – номерно́й знак (namiérnoï znak) et on paie depuis son smartphone, donc plus de ticket à mettre derrière le pare-brise – лобово́е стекло́. Attention, les contrôles sont fréquents : on scanne votre plaque d’immatriculation pour vérifier que vous êtes en règle. Il existe aussi des systèmes d’autopartage, que l’on appelle ici plus justement « location de voitures à la minute » – помину́тная аре́нда автомоби́лей (paminoutnaya arienda avtamabiliéï) et un peu moins justement карше́ринг (car sharing en anglais), proposés par deux sociétés différentes. Là encore, tout se fait via une application mobile, y compris l’ouverture et la fermeture des portes. Pour conduire dans Moscou, il faut bien connaître le code de la route – Пра́вила Доро́жного Движе́ния (pravila darojnava dvijénia) et il faut savoir qu’on ne peut pratiquement jamais tourner à gauche sur les grandes avenues. Il faut donc dépasser la rue où l’on veut tourner, repérer un signe qui dit qu’on peut faire un demi-tour – сде́лать разворо́т (sdiélat’ razvarot), se mettre en file de gauche et attendre le moment propice. Si on rate le coche, on est parfois bon pour cinq kilomètres de trajet supplémentaire pour rattraper le coup !
Quelques bornes de rechargement de voitures électriques sont apparues récemment, mais les voitures électriques – электромоби́ли (éléctramabili), qui bénéficient pourtant de taxes – по́шлины (pochliny) très faibles à l’importation, restent encore rares. En dépit d’une certaine mode officielle des motards – ба́йкеры (baïkéry) sur des engins américains ou allemands, l’usage du scooter – ску́тер (scootére) ou de la moto – мотоци́кл (matatsykle) est pratiquement absent du paysage urbain. C’est peut-être en partie dû à la météo – пого́да (pagoda) qui en interdit l’usage pendant une bonne moitié de l’année et au fait qu’il faut avoir le permis de conduire – води́тельские права́ (vaditelskié prava) avec la mention « M », même pour les scooters. Il n’est pas rare voir de voir un coursier – курье́р (courière) se déplacer en métro – на метро́ (na métro), à vélo – на велосипе́де (na vélassipiédié) ou à pied – пешко́м (piéchkom).

Avec les nouveaux et larges trottoirs – троттуа́ры (tratouary) qu’arbore le centre-ville, l’usage de moyens de locomotion plus mobiles est de plus en plus une réalité. Moscou compte un réseau de vélos partagés – Обще́ственный велопроќат (Abchestveny véloprakate) assez populaire, même si le nombre de stations n’est pas grand : 380 stations contre plus de 1000 à Paris sur un territoire comparable. Mais les amateurs – люби́тели (lioubitiéli) du vélo personnel, de la trottinette – самока́т (samakate) ou même du monocycle électrique ou du gyroscooter – гироску́тер (guiroscoutére) à la dernière mode sont de plus en plus nombreux. Néanmoins, pour le vélo, le réseau des pistes cyclables велодоро́жка (véladarojka) ont reste fragmentaire et il faut donc, par sécurité, utiliser le trottoir, ce qui n’est pas de tout repos. De plus, il faut savoir que les grandes artères qui rayonnent à partir du Kremlin vers les confins de la ville ne peuvent presque jamais être traversées en surface. Il faudra souvent emprunter un passage souterrain piétonnier – пешехо́дный перехо́д (péchékhodny pérékhod). Fort heureusement, la plupart de ces souterrains ont des rampes qui permettent d’y faire passer son vélo.
Enfin, en cas d’accident de la route – доро́жно-тра́нспортное происше́ствие (darojno-transpartnoïé praischestvié) ou автокатастро́фа (avtacatastrofa), on peut trouver des recommandations utiles des juristes du domaine, qui sont sans doute propres à la Russie : appeler tout de suite les urgences – ско́рая по́мощь (skoraya pomache) et la police de la route – Госуда́рственная инспе́кция безопа́сности доро́жного движе́ния, ГИБДД (gassoudarstvenaya inspectsia biézapasnasti darojnava dvijénia, ou simplement Gué i bé dé dé). Ces appels sont enregistrés, ils sont la preuve que les conducteurs impliqués ont fait le nécessaire. Sécuriser les lieux de l’accident – обезопасить место происшествия (abiézapassit’ miésta praïzchestvia) : panneaux à quinze mètres, éteindre les départs de flamme, etc. Ne rien déplacer, autrement, il sera impossible de prouver – доказа́ть (dakazat’) quoi que ce soit à l’arrivée de la police. Rechercher des témoins – свиде́тели (svidétiéli) : faire des photos des voitures et des témoins alentours pour les retrouver ensuite et rechercher ensuite des témoins qui acceptent de laisser leurs coordonnées, vérifier leur numéro de téléphone – но́мер телефо́на (nomiér tiéléfona)

On voit ainsi que le moscovites ne manquent pas de choix, quand il s’agit de se déplacer. Mais, et les touristes le savent bien, on marche toujours beaucoup dans cette ville et c’est sans doute bon pour la santé – поле́зно для здоро́вья (paliezna dlia zdarovia) !